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Villes/Orléans/25 mai (86 mars)

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NUIT DEBOUT ORLEANS - C.R. ATELIER EDUCATION POPULAIRE DU MERCREDI 25 MAI.[modifier | modifier le wikicode]

Au cours de la soirée une trentaine de personnes a assisté à l'atelier Education Populaire.
Bastien Méchin, formateur aux CEMEA est venu parlé de sa vision de l'évolution de l'Educ Pop.

Avant de vous faire partager son intervention, voici "une histoire de l'Education Populaire" racontée par Noémie, le 23 avril dernier, Place de la République.

"UNE HISTOIRE DE L'EDUCATION POPULAIRE".[modifier | modifier le wikicode]

L'acte de naissance de cette idée d'éducation populaire, c'est 1792, lorsque pour la 1ère fois on entend parler d'une éducation « par le peuple et pour le peuple » avec Condorcet qui dépose à l'Assemblée Législative, un rapport intitulé« 5 mémoires sur l'instruction publique ».

Dans ce rapport, Il développe 2 idées, 2 axes pour l'éducation :

- l'instruction publique (ancêtre de l'école républicaine).

- l'éducation tout au long de la vie (la démocratie est possible seulement si le citoyen est éduqué à pratiquer la démocratie).

« Tant qu'il y aura des hommes qui n'obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d'une opinion étrangère ; en vain toutes les chaînes auraient été brisées ; en vain des opinions de commandes seraient d'utiles vérités ; le genre humain n'en resterait pas moins partagé entre deux classes ; celle des hommes qui raisonnent, et celle des hommes qui croient ; celle des maîtres et celle des esclaves ».

Là, on est vraiment dans la Lutte contre l'obscurantisme religieux. Donc, ce sont les 1ers jalons d'une Education Populaire.

Ensuite, le 19ème siècle est marqué en France par les 3 révolutions : 1830, 1848, 1871.

Va se développer une Education Populaire autour de 3 courants :

1°)Courant laïque et républicain qui se positionne contre l'obscurantisme.

Après la révolution de 1830, des bourgeois philanthropes (améliorer condition matérielle et morale des hommes) créés l'association polytechnique ; en pleine révolution industrielle, afin de former les travailleurs et réflechir à nos places dans la société.

En 1848, création de l'association Phylotechnique qui fait des universités populaires et qui donne des cours du soir.

Un personnage important de l'Education Populaire, Jean Macé qui créé en 1866, la ligue de l'enseignement.

L'idée de Jean Macé est de faire vivre une éducation par le peuple pour le peuple, partout, pour l'exercice de la démocratie.

En 1791, il y avait eu la Loi Le Chapelier qui interdisait les gens de se réunir, mais, en 1868, le Second Empire fait une loi qui autorise les réunions publiques à la seule condition que l'on ne parle pas de politique et de religion.

Loi vite détournée puisque ces réunions publiques deviennent des lieux où l'on discute de politique, de dominations subies par les ouvriers.

L'Education Populaire se vit partout, chaque quartier a sa réunion publique.

Ces réunions publiques vont jouer un rôle important dans la formation politique de ce qu'on appellera plus tard les Communards (on est en 1866).

1871, la Commune de Paris décrète une idée de l'instruction des enfants par les ouvriers eux-même et surtout l'instruction des travailleurs par les travailleurs eux-même.

2°)Courant du christianisme social qui se positionne contre la misère et contre la pauvreté.

Né au début du 19ème siècle, ce courant réuni toutes les classes sociales (fils d'ouvriers, paysans, petits bourgeois,…).

Un personnage important de ce courant, Marc Sangnier qui va créer une revue « Le Sillon ». Il se positionne avec un discours politique.

Ce courant n'est pas du tout plébiscité par l'église car elle les accuse d'être trop modernistes.

Mais ce courant va donner naissance à des grands mouvements comme la JOC (Jeunesse ouvrière Chrétienne), à la JAC (Jeunesse Agricole Chrétienne) qui vont être des lieux de conscientisation de la jeunesse.

Le christianisme social s'oriente plus en direction de la Jeunesse.

Il va y avoir la création du Scoutisme qui va donner naissance aux Eclaireurs (scouts laïcs).

Ce sont des lieux où la Jeunesse se forme, mais surtout qui sont, encore aujourd'hui, animés par les jeunes eux-même.

3°)Courant ouvrier et révolutionnaire qui va lutter contre le capitalisme.

Né dans les années 1810-1820, avec la création de mutuelles et coopératives dans les usines et les ateliers.

En 1880, Fernand Pelloutier (militant syndicaliste révolutionnaire socialiste et libertaire) créé les bourses du Travail.

Il dit : « Ce qui manque à l'ouvrier, c'est la science de son malheur ».

Avec l'essor du syndicalisme, on va avoir des cours du soir dans les usines (philo, politique,...), des bibliothèques,...

L'idée c'est, l'Education Populaire comme prémisse à la révolution.

Au 20ème siècle, la Loi 1901 (loi sur les associations) sera un énorme « coup de pouce » pour les citoyens ; même si en même temps, on commence à rentrer dans « l'institutionnalisation de l'Etat ».

C'est la naissance des CEMEA, de l'UFCV, c'est l'essor des colonies de vacances,…

1936 : le Front Populaire. Que fait-on de ses congés payés ?

Essor des colonies de vacances, des mouvements de jeunesse.

A cette période, beaucoup des personnes appartiennent à un mouvement d'Education Populaire, jusqu'à la guerre.

Mais le régime de Vichy va instrumentaliser l'Education Populaire, avec Pétain qui va créer les chantiers de Jeunesse, les écoles de cadres qui vont former les gens qui vont embrigader la jeunesse dans la Révolution Nationale (Travail-Famille-Patrie).

Mais parallèlement, des mouvements d'Education Populaire se créés dans la Résistance. Les Francamarades qui deviendront les Francas ; Culture et Liberté.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, on continue à développer l'Education Populaire.

Mais en 1958, c'est la création du Ministère de la Culture. C'est là qu'on passe dans une phase d'institutionnalisation de l’État.

Avant Malraux, il n'y avait pas de Ministère de la Culture ; la Culture était transversale, on la vivait partout, c'était l'Education Populaire.

Création du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Les mouvements d'Education Populaire vont être mis à mal par la question du financement.

Ils ont des droits, mais l’État restreint leur marge de manœuvre et leurs libertés.

Dans les années 60, on construit des M.J.C., des Centres Sociaux. On créé donc des associations qui vont gérer ces infrastructures.

Les militants qui faisaient tout deviennent des professionnels spécialisés dans des domaines précis.

Tout ce projet émancipant est technicisé par l'institutionnalisation de l'Etat et perd de sa force politique.

Loi Delors sur la formation professionnelle.

En 1871, les employeurs, les sociétés cotisent et les salariés également pour la formation professionnelle.

Auparavant ce sont les mouvements d'Education Populaire qui avaient en charge la formation des travailleurs et de l'être humain tout au long de la vie.

Là, on passe à une formation du professionnel (pas de l'être humain) où l'employeur a un droit de regard et où on est formé à un métier, à une technique.

Les grands mouvements d'Education Populaire perdent beaucoup de leurs prérogatives.

Aujourd'hui, l'institutionnalisation de l’État fait perdre aux militants de l'Education Populaire, le sens de ce qu'ils font (rédaction d'appels à projets, soumis à l’État, associations coincées par les dispositifs politique de la ville, délégation de service public).

Parallèlement, il y a des poches de résistance (mouvement Hip-Hop).

En 1998, Marie George Buffet (Ministre de la Jeunesse et des Sports) qui lance une reflexion sur l'Education Populaire Politique.

Ça n'a rien donné au niveau politique mais ça a permis aux gens de se rencontrer et de requestionner cette question d'Education Populaire avec notamment la création de coopérative d'Education Populaire (SCOP le Pavé Franck Lepage).

Paolo Frère : « Personne ne s'éduque seul, personne n'éduque personne, les hommes s'éduquent ensemble par l'intermédiaire du monde ».

INTERVENTION DE BASTIEN MECHIN, FORMATEUR AU CEMEA (Centre d'Entrainement aux Méthodes d'Education Active).[modifier | modifier le wikicode]

> Son parcours dans l'Education Populaire[modifier | modifier le wikicode]

Bastien Méchin est permanent au CEMEA depuis 1998. "Soldat" fidèle de l'Education Populaire, il trouve qu'aujourd'hui, ce mouvement ne correspond plus aux valeurs prônées à l'origine.

Mais comment en sommes nous arrivés là ?

> Quelques repères historiques[modifier | modifier le wikicode]

En France, jusqu'au début des années 80, ce sont les grandes heures du militantisme. A l'époque, l'Etat soutient les mouvements d'Education Populaire sans vraiment se poser la question de leur intérêt public. Mais, avec la professionnalisation des métiers de l'Animation, l'Etat commence à s'immiscer dans ce mouvement avec le financement des postes, la mise en place de dispositifs de financement et la création de formations (BPJEPS, DEJEPS,...).

De plus, l'apparition du bénévolat va entrainer un clivage de l'engagement entre les salarié(e)s (payé(e)s pour ça et les bénévoles.

A la fin des années 90 et début des années 2000, le dévoiement du projet politique et la pression financière pour des budgets équilibrés vont fragiliser les métiers de l'Animation.

A partir de là, l'administratif prend le dessus sur "le terrain" (50% du poste consacré à écrire les projets).

Aujourd'hui, le mouvement d'Education Populaire est de plus en plus dirigé par des gestionnaires de fait. Il existe des tensions entre Droit Associatif et Droit du Travail.

> Quelques références:[modifier | modifier le wikicode]

Jean MARQUET - http://www.culture-et-liberte.asso.fr/histoire/spip.php%253Farticle113.html

Jean Louis LAVILLE - http://lise-cnrs.cnam.fr/les-membres-du-lise/jean-louis-laville-619045.kjsp

Jacques LADSOUS - https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Ladsous