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Commission Éducation de Nuit Debout

jeudi 14 avril 2016 (18h30 - 20h30)



Organisation


* Il pourrait être intéressant que quelques personnes participant à la commission s'occupent d'aller vers les citoyens qui observent les commissions sans oser s'en approcher pour les informer et, s'ils le souhaitent, les intégrer.


* Les participants sont issus de plusieurs commissions éducations (mouvements spontanés créés sans concertation au départ), et la commission accueille régulièrement de nouveaux arrivants. Il faut trouver un point de départ commun sans tout reprendre à zéro à chaque nouveau rassemblement.


* Proposition : créer deux mailings listes, l'une ouverte à tous, l'autre uniquement pour les référents ; pour éviter que cela crée une fracture entre les membres, on peut imaginer un système de référents qui roule (par exemple : toutes les semaines, une personne du groupe des référents cède son rôle).


- Le référent de ce jour propose un cadre :

1/ 1 heure de discussion sur pourquoi nous sommes là, que voulons-nous faire ?

2/ ½ heure sur nos impressions, qui aboutira à la définition d'un ordre du jour.

3/ Réflexion point par point sur chaque sujet de l'ordre du jour.

Un autre participant propose autre chose.


* Vote :

- Les votants décident de définir un ordre du jour avec une réflexion sur les sujets pris un par un (de préférence à une discussion libre sans sujet défini).

- Dans le cadre d'un système de tours de parole (chaque personne qui souhaite parler se manifeste, est inscrite, et prend la parole à son tour), les votants décident qu'en cas d'opposition radicale, le participant puisse intervenir sans attendre son tour, à condition de faire court.




Échanges


- L'axe principal qui se dégage est le thème des écoles / éducations alternatives, avec deux mouvements différents : l'un favorable à l'introduction de formes alternatives au sein d'une structure qui reste centralisée, l'autre favorable à une décentralisation complète de l'éducation.


- L'autre question qui traverse le débat est le rôle de l'école (à quoi sert l'école ?).


Détail du débat : résumé des interventions.


Pour une école alternative


* L’État propose un service pour l'instruction. Nous avons décidé de déléguer ce pouvoir à l’État, qui a un monopole sur ce service. La question est de savoir si l'on ose le remettre en question, reprendre le pouvoir et se responsabiliser, pour en faire autre chose : école alternative, éducation en famille... : pour des alternatives réelles, et non pour une réforme.


* « La droite démolit le système, et la gauche le laisse pourrir. » Le système est en train de pourrir par la tête. On n'est pas assez pour le révolutionner. Il faut donc inventer une école alternative. 80% de l'éducation est celle faite par les parents avant 3 ans. L’Éducation Nationale déforme plus qu'elle ne forme. On fait oublier aux gens ce qu'est la démocratie et le vivre ensemble.


Pour une autre Éducation Nationale


* Il faudrait imaginer, dans le cadre révolutionnaire de la Nuit Debout, une seule école d’État obligatoire, publique, gratuite, laïque, mixte, populaire, qui donne un droit au travail >> 100% de réussite.

D'autres commissions travaillent sur comment faire plier le pouvoir. Il faut s'emparer de l'éducation et en faire une éducation nationale pour tous, où l'on apprend à se connaître, à vivre ensemble, sans qu'il y ait un seul modèle.

Il faut une école publique pour tous, afin que les enfants aient tous la même éducation, mais sur d'autres valeurs que celles d'aujourd'hui.


* Il faut s'interroger sur des choses alternatives, mais qui puissent être généralisées à tous les enfants, sans sélection par l'argent (le problème des écoles alternatives aujourd'hui : elles sont privées et payantes). Quitte à ce qu'il y ait plusieurs systèmes différents, car les enfants sont tous différents.


* Il n'y a pas d'opposition entre les alternatives et l’Éducation Nationale. Les pédagogies alternatives sont dans l’Éducation nationale : GFEN (groupe français d'éducation nouvelle), Freinet...

Il faudrait que les professeurs aient un stage d'un an de formation en dehors du système.

Exemple du lycée autogéré : 25 profs, pas de proviseur ni d'agent d'entretien. C'était dans l’Éducation Nationale.


* Expérience à Aubervilliers : création d'un collège coopératif polytechnique. C'est la preuve qu'il y a encore de l'énergie dans le public pour faire émerger des alternatives.

Ambiguïté de la position de l'administration : le collège est accepté par la direction académique qui trouve l'idée intéressante, mais lorsqu'il a été proposé qu'il n'y ait pas de chef d'établissement mais un pilotage par plusieurs adultes, l'administration a refusé. Pour la hiérarchie, l'alternative, c'est bien, mais à condition qu'il y ait encore un chef qui contrôle.


Pour une décentralisation


* Il est dommage que l'on pense toujours de manière centralisée. Il faudrait laisser le choix, et donner les moyens du choix entre différentes possibilités (par exemple : que l'argent alloué à chaque enfant soit donné aux familles, qui l'utiliseraient comme elles le souhaitent).

On n'est plus dans les même conditions que lorsque l'école a été créée.


L’Éducation Nationale comme cadre commun


* Le problème n'est pas l’Éducation Nationale, mais ce qu'on en fait aujourd'hui : une école du tri social, parce que l'école est liée à l'économie et au monde du travail. L'école ne doit pas former à un métier, elle doit être déconnectée du monde du travail.

On est là pour rêver et être utopistes.

Il faut se réapproprier l’Éducation Nationale, mais rester sur un cadre commun, c'est ce qui fait société. Même s'il y a des initiatives locales.

Le problème aujourd'hui est que les chefs sont formés aux techniques de managements, pas à la pédagogie ; ils font de la gestion de personnels.

Problème aussi du nombre d'enfants par classe.

Il faut reprendre l’Éducation Nationale et la donner à tout le monde.


Les pédagogies alternatives aujourd'hui


* Alternative à Paris : un événement qui a eu lieu avant la COP21. Il s'agissait de montrer aux gens différentes alternatives, et de vulgariser ces questions par l'expérience (animations).

Les alternatives sont très nombreuses, depuis longtemps, mais il faut les diffuser.

L'association souhaite mettre en place des actions pour des du lobbying auprès des écoles, que les gens qui ont des pédagogies alternatives les apportent dans l'école.

Si l'on écrit un manifeste, il faut s'en servir pour diffuser les pédagogies alternatives auprès de tous.

L'association va faire une cartographie des pédagogies alternatives.


Le rôle de l'école


* La commission éducation est fondamentale, car on élève aujourd'hui les adultes de demain. Il faut que l’Éducation Nationale revienne au peuple (instruction publique).

On apprend plus par l'expérience que par les connaissances.

Aujourd'hui, l'école sert à formater les gens au monde du travail. Il faut en faire autre chose : qu'au moins, en sortant de l'école, on ait confiance en soi.


* Question de l'égalité et du vivre ensemble. Il faut se mettre d'accord sur quelques valeurs, et se demander en quoi elles sont en désaccord avec le système d'aujourd'hui ; ensuite, on se demandera comment on les fait avancer.


* Le droit à l'éducation est devenu une obligation.

La notion de transmission implique quelqu'un qui sait et quelqu'un qui ne sait pas, ce qui pose problème.

Il faut être acteur de son éducation / de son instruction.


* Le problème est qu'apprendre à réfléchir ne se fait qu'en cours de philosophie, en terminale. Or il faudrait commencer dès le plus jeune âge.

Le cours magistral ne permet par l'expérience. Il faut faire tester aux enfants, apprendre avec les mains. Qu'ils apprennent par eux-mêmes, en découvrant les choses.


* Problème de l'idée qu'« il faut apprendre les choses aux enfants ». Les enfants apprennent tout seuls ! Il ne faut pas vouloir apprendre à l'autre (ce qui signifie exercer un pouvoir sur l'autre), mais faire en sorte qu'il puisse apprendre par lui-même.


* Il faut arrêter de taper dans l’Éducation Nationale. Il y a moyen d'apprendre des savoir-être, des savoir-vivre. Nous devons nous prendre en main : tout le monde est responsable de l'éducation, pas seulement l’Éducation Nationale. Exemple des médias : 90% des gens regardent Tf1, sans aucune réflexion personnelle.


* référence : reveillonsnous.fr


* Il ne faut pas oublier que l'instruction civique et de la République a permis à des gens d'accéder à la langue française, à une formation.

Alerte sur la Réforme du collège : il s'agit d'un démantèlement du collège, et la même chose est prévue pour le lycée.

Il n'y a plus de programmes : on va faire des bouts de programmes, par petits groupes, ce qui va générer des trous dans les savoirs.

Plus non plus de brevet, mais une validation par le contrôle continu : c'est une attaque par rapport aux examens nationaux. Cela signifie qu'il n'y a plus de référence nationale, et que l'on pourra dire à Caen qu'un brevet obtenu à Paris n'est pas valable.

Il faut mettre cela en lien avec la loi El Khomri : plus de référence fixe.

>> Il faut absolument passer l'information, et faire le lien avec la loi El Khomri.


* Problème de l'absence de mixité dans les établissements (REP, cité...). C'est par la mixité, le mélange qu'on va s'en sortir.


* L'école aujourd'hui est une école du tri social, parce que l'école est liée à l'économie et au monde du travail. L'école ne doit pas former à un métier, elle doit être déconnectée du monde du travail.


L'éducation populaire


Il ne faut pas oublier l'éducation populaire : les ACM (accueils collectifs de mineurs), les accueils périscolaires, les colonies... Ces structures apprennent aux jeunes la vie en collectivité, la démocratie.

cf. l'ouvrage de 'Jean Houssaye, C'est beau comme une colo.

On apprend des manières de vivre différentes dans la famille, à l'école, dans les ACM. Il faut s'inspirer aussi de cela.




Manifeste


Lors des précédentes commissions, la décision a été prise d'écrire un manifeste.


Organisation concrète


* Comment, concrètement, écrire ce manifeste ?

Plusieurs possibilités :

- mise en place d'un document en ligne collaboratif (genre wikipedia)

- un groupe motivé de rédaction rédige une synthèse à partir des comptes-rendus puis soumet le texte à la commission.

>> Un consensus se dégage pour écrire le texte de manière interactive sur internet, sur le site : nuitdeboutprojettest (adresse à compléter !!) : il y a un espace d'écriture et un espace pour des commentaires, pour ou contre le texte écrit. Proposition de mandater un groupe de travail pour mettre en place un espace collaboratif en ligne ouvert à tous, et faire un travail de pré synthèse qui sera revu en présentiel.

Vote : écriture d'un premier brouillon sur un site collaboratif en ligne afin d'avoir une base concrète (proposition adoptée).


Que veut-on écrire ?


* Le titre de « Manifeste de la Nuit Debout éducation » soulève deux questions : d'une part, l'idée de manifeste en soi renvoie aux avant-garde, au politique ; d'autre part, on ne sait pas encore ce que c'est que la « Nuit Debout ».

Il y a plusieurs positions possibles :

- révolutionner : cela pose la question du rapport de la commission aux institutions (Éducation nationale) ;

- réformer : cela signifierait faire une liste de choses à soumettre au ministère ;

- repenser : repenser les valeurs de l'éducation ;

- réinventer : inventer autre chose, un autre système.


* Que signifie l'émancipation si on supprime le système ? Il ne faut pas penser l'éducation par rapport à ce qui existe déjà, mais se demander comment on voudrait qu'elle soit.


* Question du format du manifeste.

Quelque chose de court, à distribuer ?

Quelque chose de plus long, avec des chapitres, pour refonder l’Éducation Nationale ? Dans ce cas, il faut connaître toutes les catégories que l'on veut y mettre >> former différents groupes de travail.


* Il faut trancher la question qui a parcouru les interventions de la première partie de la commission : faut-il garder l’Éducation Nationale comme socle commun ou penser quelque chose de différent ?


* Ce qui est important, c'est d'avoir un texte et quelque chose qui bouge. Le manifeste est un point de départ, non un but en soi. Ce serait une faible victoire pour la commission de se tenir à un manifeste.


* Qui écrit le manifeste ? Qui sommes-nous ?

Il ne faut pas que ce soient les enseignants seuls qui écrivent ce manifeste. L’Éducation Nationale est l'affaire de tous.


Question du vote : comment adopte-t-on le manifeste ? Vote sur internet ? En commission ?


* Il ne faut pas qu'il y ait un texte à voter, mais plusieurs textes (référence aux Indignés et à Podemos). Il faut écrire plusieurs propositions, pas un seul texte.

Contre un vote en assemblée : « Je ne veux pas que cette assemblée soit le chef du mouvement ».

Cette assemblée n'est pas une AG (AG : renvoie à une communauté de gens sur un même lieu, qui se réunissent régulièrement pour réfléchir de manière suivie sur une question).

Le travail des commissions doit être redonné à l'ensemble, mais pas voté par l'assemblée. Il ne faut pas qu'il y ait censure par une assemblée qui définirait une ligne politique.