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Villes/Paris/Education/CR/15 mai

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CR Commission Education Nuit Debout[modifier | modifier le wikicode]

15/05/2016


Points techniques[modifier | modifier le wikicode]

  • Achat d’un Barnum qui a coûté 60€

Il reste également 15€ à rembourser sur l’achat du mégaphone. Une cagnotte est mise en place.

  • Un membre de la commission accueil intervient pour signaler qu’un travail pour recenser et mettre plus de lien entre la commission est en cours. Il suggère qu’un membre de la commission éducation se rapproche de convergence des luttes pour jouer un rôle de référent pour les actions.
  • Une membre de la commission de lutte contre l’islamophobie et le racisme d’Etat lance un appel à collaboration pour un débat sur ces thèmes au sein de l’école. Contacter Paul Arthur si intéressé.
  • Avant que la parole soit donnée aux groupes, il est rappelé que le mode d’organisation trouvée pour la commission semble efficace, et qu’il faut continuer à s’y tenir aujourd’hui, en ne passant pas trop de temps sur les points techniques, s’il n’y a pas besoin de débattre dessus.


Groupes de travail[modifier | modifier le wikicode]

  • Le groupe témoignage distribue des tracts et relance son appel à témoignages d’enseignants, d’enfants, de parents ou autre sur les situations vécues à l’école.

Il est possible de laisser son témoignage directement sur l’espace public du site, ou via l’url acver.fr/temoignages

  • Le groupe action demande à relayer sur la liste mail un appel à la mobilisation pour le renouvellement de près de 800 CUI qui sont menacés. L’accord est voté par la commission.
  • Le groupe coordination liste un ensemble d’actions qui se lancent :

- la convergence discutée avec le membre de la commission accueil, il faudrait monter un groupe de travail dessus. - Des interventions de la commission éducation sur Radio debout, contacter Fadi si intéressé. - La création d’un blog participatif sur médiapart, votée à l’unanimité par la commission, il faut un groupe de travail dessus, contacter Raphaël si on veut s’y joindre. Le principe sera de publier un ou deux billets par semaine, et de répondre aux commentaires des lecteurs. Il est suggéré de commencer par un premier billet sur « comment fonctionnera ce blog ».

  • Un retour est fait par quelqu’un ayant assisté à la dernière conférence du groupe Monde des pédagogies (ayant eu lieu le 14/05 avec le GFEN) : « Les mises en situation y étaient intéressantes mais il a manqué un temps de débat à la fin. »


Débat ouvert[modifier | modifier le wikicode]

Les deux thèmes retenus aujourd’hui sont Education et sexisme puis Compétition et autorité à l’école.


Education et sexisme[modifier | modifier le wikicode]

- Exemple de sexisme dans l’éducation nationale : on reproche souvent aux programmes de lettres d’étudier en grande majorité des auteurs masculins.

- 3 axes sont proposés dans l’étude du sexisme à l’école

  • Les programmes
  • l’éducation contre le sexisme
  • la responsabilité des enseignants dans la propagation du sexisme et des discriminations

- Il existe des formations de lutte contre le sexisme à l’école. Le souci est que souvent ce sont des personnes qui sont déjà sensible à ces causes qui y participent, et donc pas forcement les personnes qui en ont besoin.

- Une remarque est faite sur les études régulièrement publiées sur le sexisme : elles ont souvent le double effet de nous informer dessus mais aussi de nous enfermer dans l’état de fait qu’elles décrivent.

- Il existait il y a peu une « ABCD de l’égalité », qui était un outil intéressant comme support sur ces thématiques à l’école, il avait de plus le mérite d’avoir été conçu par des enseignants. Cependant il a été retiré suite aux pressions exercées par la manif pour tous lors des débats de la théorie du genre. Il semble qu’aujourd’hui l’écart se creuse de plus en plus entre le monde académique qui s’intéresse beaucoup à ces questions, et le monde scolaire qui en fait un tabou.

=> Proposition de création d’un groupe de travail Education et sexisme, une feuille de mailing liste est faite circulée pour ceux qui voudraient y prendre part. Un objectif de ce groupe pourrait d’écrire un texte réclamant notamment que le gouvernement en refasse une priorité, texte qui sera voté en commission par la suite. Une question reste en suspens, faut-il établir une parité hommes-femmes dans le nombre de membres composant ce groupe ?


- Il est déploré que l’EMC (Enseignement Moral et Civique), qui peut être un espace pour construire le genre à l’école soit enseignement uniquement rattaché à l’Histoire-Géographie, et non un enseignement transversal profitant de tous les apports de différentes disciplines.

- Dans le cadre de l’éducation à la sexualité, les enseignants devraient être formés à la réflexion sur les pratiques sexiste, et ce dès la maternelle.

- Un écueil à éviter, et pour lequel l’école semble un terrain propice de travail est celui de l’auto-censure. En effet les enfants dans leur construction personnelle et la vision qu’ils ont d’eux-mêmes associent souvent un genre à des pratiques, des voies professionnelles ou des compétences, comme le fait la société. L’école devrait être prioritaire un lieu de combat quotidien contre l’auto-censure (notamment des filles).

- Il existe des associations qui interviennent dans les écoles pour lutter contre le sexisme. Il est vrai qu’il faut lutter contre l’auto-censure, mais il est surtout essentiel de déconstruire la mentalité et le genre masculin.

- Il ne faut pas avoir peur de l’opinion des inspecteurs sur ce que l’on fait lorsqu’on travaille sur ces thématiques. - Une idée supplémentaire serait de féminiser systématiquement les textes dans les travaux scolaires. Ex : « toutes et tous », « .e .es ». C’est aussi et surtout par le verbe que l’on fait passer ces évidences.

Ressources citées : ABCD de l’égalité.



Compétition et autorité à l’école[modifier | modifier le wikicode]

- Le principe même de l’école est basé sur la compétition : la méritocratie, l’évaluation, la séparation en filières… Il existe un Groupe de Recherche sur la Démocratisation Scolaire (GRDS) qui publie des travaux sur une manière de construire une école commune à tous.

- La compétition n’est pas seulement propre à l’école, elle est encouragée par tout le monde, elle est ancrée dans les mentalités, et souvent certains ressentent même ce besoin de compétition. Ouvrir des piste sur l’éducation aux et par les intelligences multiples pourrait peut-être permettre de déconstruire ça.

- La construction de l’école fait que par exemple à 6 ans tout le monde doit savoir lire, et la déviance est mal perçue ! On doit tous savoir la même chose au même moment, et rester dans une classe précise pour faire un apprentissage à organisation en classes d’âge.

- Cette organisation en classe d’âge est désuète, et date de plus de deux siècles. Elle va avec le système méritocratique fait pour sélectionner les meilleurs de chaque classe, et donner une hypothétique « égalité des chances ». S’il y a deux siècle ce pouvait être pertinent (déconstruction de l’aristocratie comme modèle de réussite sociale), aujourd’hui il faut changer de paradigme pour la construction le développement et la créativité de chacun, afin de pouvoir créer une société riche de ses différences. Les enfants eux même semblent profondément intégrer que ce que l’on attend d’eux est d’être « performants », et souvent plus performants que leur voisin. Il faut au niveau institutionnel changer ces « attendus » des enfants, car ils se construisent beaucoup à travers ce que l’institution attend d’eux. Ken Robinson, un académicien anglais, a beaucoup travaillé sur ce changement de paradigme et sur ce qu’il appelle les « école créatives ». A une époque des écoles mutuelles étaient également à l’œuvre, dans lesquelles le rythme de chaque enfant avait beaucoup plus de place.

- Il existe bien des hiérarchies à l’école, et elles nuisent aux rythmes d’apprentissage de chacun. Par exemple en Essonne, une décision (budgétaire) a été prise de ne plus faire aucun redoublement, sans se soucier des acquisitions des gamins. Il faut aujourd’hui monter un dossier MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées !) pour demander un redoublement. Voilà qui vient renforcer encore plus la stigmatisation et la peur de la déviance.

- Les personnels de l’éducation Nationale sont eux aussi soumis à la compétition. Ex : injonction à faire des projets, chiffrage de performance sur les actions éducatives… démultiplication des classements d’établissements. Il existe aussi des contrats d’objectifs dans les établissements aujourd’hui…cela risque d’encourager encore plus la compétition.

- Il est remarqué que soit l’école est faite complètement pour l’enfant, soit elle est faite pour un choix social. Le second modèle est le modèle ultra dominant, et l’enfant est mis de côté dans cette optique.

- D’autre part, l’école n’est pas un vase clos, elle est liée à la société qui la construit, qui elle-même est liée à d’autres sociétés.

- L’image renvoyée aux élèves d’eux même par la compétition est très violente. Un autre exemple est le moment de l’orientation, pour les bons comme pour les moins bons. Demander si tôt de faire des choix aussi définitifs aux élèves est très violement vécu par chacun.

- La pression de l’orientation est énorme. Il faudrait questionner le découpage classique en 3 grande voies, et se demander pourquoi seule la formation Générale et Technologique continue de s’intéresser à former des « êtres politiques ». Les lycées professionnels quant à eux ne formant que des travailleurs qui n’auraient absolument pas besoin de penser la vie en société.

- La hiérarchisation ne peut que reproduire le schéma social de base à l’identique. Car tous sont motivés par une espérance de « succès », et ne permet donc pas développement d’un réel esprit critique.