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Villes/Paris/Education/CR/20 avril

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Compte rendu de la commission éducation du 20/04/16[modifier | modifier le wikicode]

Vote de l’ordre du jour : réussir / collaboration avec des psychologues / action 10 mai / réseaux / sensibiliser les gens à un monde meilleur / étendre le débat hors des ND / égalité des chances = oxymore ? / prendre son temps


Les trois points votés : réussir / prendre son temps / égalité des chances = oxymore


Interrogations quant à la nature et la portée de la Commission : création de petits groupes pour permettre à la fois des conversions de fond et la mise en place d’action.


I. Réussir[modifier | modifier le wikicode]

Sur l’échec :

Ne pas réussir ce sont ces 175 élèves diplômés du DNB de Val de Marne qui n’ont pas obtenu d’affectation en lycée, idem pour des jeunes bacheliers sans affectation pour l’université.

Il faut changer notre regard sur l’échec ou l’erreur : former à l’échec est décisif, l’expérience de l’échec est constructive. L’erreur doit être valorisée et non pas mise à l’index comme en FR : les élèves ont peur de l’erreur,peur d’essayer. Le système FR ne renvoie de plus qu’à l’erreur/ l’échec : les très bons valorisés par l’évaluation,les plus faibles accablés.


Réussir le vivre ensemble / Réussir sa vie

Réussir,c’est avant tout comprendre ce que veut dire vivre ensemble.L’école doit permette aux élèves de réussir leur vie. Objectif d’une école qui réussit est de faire des citoyens C’est permettre à tous les élèves de trouver leur place dans le monde,pas seulement l’élite. Aider chacun à se construire. L’exemple des bourses de voyage pour réaliser un projet personnel montre que même les élèves des plus prestigieuses institutions ont changé de priorité, ils aspirent à réussir leur vie autant que leurs études.


Réussir,c’est enrayer les inégalités

La FR est la championne de l’inégalité (plus grand écart entre les10% les plus performants et les 10% les plus en difficulté) = mettre en place un classement alternatif des meilleurs lycées qui prennent en compte les efforts déployés pour réduire cette inégalité.


Proposer une alternative à la réussite individuelle ou strictement académique Fuite des littéraires en S, dévalorisation des filières professionnelles, filières d’élite => la réussite est souvent trop restrictive.


Le modèle FR privilégie une réussite liée à la connaissance sans valoriser les autres types d’intelligence : on privilégie la redigestion de connaissance. On se concentre sur l’élève plus que sur l’enfant. De la maternelle à l’université, réussir c’est éveiller les esprits critiques : ce n’est pas tant la connaissance qui est en jeu car elle est à portée de main dans nos poches mais le tri, la sélection, le décryptage des informations. La réussite est égoïste et individualiste à l’image du bulletin scolaire mais il faut insister sur la réussite du collectif(salle de classe, enseignant + apprenant).


Réussir,c’est permettre aux élèves de se sentir suffisamment bien dans la classe pour oser prendre la parole : les élèves FR sont les plus stressés d’Europe. Réussir c’est aussi créer pour eux un espace sécurisé pour qu’ils puissent expérimenter, se tromper,sortir d’eux-mêmes.


L’école de Jules Ferry est celle de la revanche, celle d’une école capitaliste et républicaine qui forme les citoyens afin qu’ils votent « bien ». La dimension normative de l’école est l’image de la normativité réductrice de la réussite.


Réussir à apprendre, c’est pouvoir expliquer (tutoriels sur Youtube)


L’impératif de réussite pèse aussi lourdement sur les enseignants qui se sentent souvent élèves et croulent sous les exigences du programme ou des inspections. Pourquoi ne pas faire comme dans les pays nordiques et inspecter non pas un seul professeur mais l’ensemble de l’équipe pédagogique ? Il faut permettre aux enseignants et à tous les adultes de l’établissement de continuer à se former, à travers des stages professionnels, syndicaux ou l’éducation populaire.


Un exemple de réussite alternative : le collectif pour un collège unique et polytechnique à Aubervilliers A2CPA


La question de la réussite nous invite à nous interroger sur la finalité de l’école : en sortir ? donner l’envie de continuer à apprendre (éducation populaire) ?



II. Prendre son temps[modifier | modifier le wikicode]

Exemple italien : le lycée dure 5 ans, les enseignants accompagnent une classe sur plusieurs années, ce qui permet une continuité pédagogique.


Le temps de travail officiel d’un enseignant ne correspond pas à la réalité : il faudrait inclure les heures de préparation, de coordination de projet, de présence sur l’établissement pour valoriser le métier. De plus, il faut trouver du temps, peut-être sur les congés, pour permettre une formation continue et encourager les échanges de pratique et l’observation mutuelle des classes de discipline et de niveaux différents. IL est indispensable de permettre aux professeurs de se réunir hors de leur temps de travail pour prendre ensemble des décisions et généraliser le format REP+où les heures de concertation sont inclues dans le temps de travail de l’enseignant.


Prendre le temps, c’est aussi mettre en place la pédagogie différenciée et créer des ateliers sur du temps long, permettre aux élèves de rendre les devoirs à des rythmes différents.


Pour éviter que la classe ne se transforme en usine à information,revenir sur l’essentiel : a méthodologie, l’efficacité dans la recherche d’information.


Le rapport au temps est un véritable enjeu politique : il faut se réapproprier le temps de travail, le temps de l’apprentissage, le temps éducatif. L’exemple du temps éducatif pour des formations d’adultes montre bien l’importance d’inscrire dans le temps la démarche pédagogique qui ne portera ses fruits que bien plus tard parfois. L’éducation est un processus et pas une procédure.


=> constat : la FR n’a pas la culture de la conduite du changement. Il faut donc apprendre à désobéir, faire de la désobéissance civile à défaut d’attendre la bonne réforme. Mais pour désobéir, il ne faut as être seul.


Prendre le temps, c’est aussi faire vivre la démocratie dans l’établissement : pas de hiérarchies dans la salle des profs, … => manifeste pour une collège coopératif et polytechnique pour inscrire la démocratie dans le cœur de l’Ecole : ¼ du temps de l’élève et de l’enseignant est consacré au débat, à la vie de l’établissement.


Le temps de l’élève ne doit pas être rythmé par les évaluation :il faut prendre le temps d‘approfondir, de construire une relation sociale dans la classe, se politiser, s’organiser, … Cela permettrait de faciliter la difficile transition entre le lycée très cadré et l’université où l’étudiant est en autonomie.


Interrogation d’un élève sur la nature des échanges : il souligne que le débat, du fait de la nature des participants, est centré sur l’enseignant et non sur l’élève.


III. Egalité des chances : oxymore[modifier | modifier le wikicode]

Le terme « chance » renvoie à une capacité tandis que le terme résultat suggère une compétitivité et une performance.


Il ne faut pas faire peser trop de responsabilité sur l’Ecole, elle ne peut pas à elle seule résoudre tous les maux (chômage,déterminisme social, tentative de repli sur soi, …) de notre société. Mais il faut constater l’inégalité générée par le système scolaire, le collège unique pensé pour une élite (20%d’une classe d’âge sélectionnée pour le lycée) évalue et sélectionne l’intégralité d’une classe d’âge selon un principe méritocratique biaisé (tous n’ont pas les mêmes chances de réussir et les plus méritants sont donc souvent des héritiers,le principe est donc baisé : il faudrait acculturer les élèves,les sortir très tôt de leur milieu pour réaliser cet idéal). Sion en reste à l‘égalité des chances comme postulat de départ de notre système éducatif fondé sur la méritocratie, on ne fait pas le pas de côté nécessaire pour repenser le système et enrayer les inégalités : il faut se concentrer sur le parcours individuels de l’élève.


=> Il nous faut nous interroger sur les parcours à offrir aux élèves, un objectif qui est aussi au cœur de l’éducation populaire.


=> Il faut penser en terme de ligne d’arrivée : quelle est la finalité du collège ? pour qu’il ne soit pas qu’un « petit lycée », et que chacun y trouve sa place (c’est en cela qu’il est UNIQUE), il faut mettre l’accent sur le développement individualisé.


Egalité des chances = égalité des réussites. Egalité des places, égalité des rémunérations.


John Dewey, Merleau Ponty nous amènent à envisager le questionnement et ses biais. L’éducation ne serait-elle par l’art de poser les questions ?